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Dysfonctionnement d'équipe : pourquoi chercher un coupable est inutile (et que faire à la place)

L'approche systémique révèle que chercher un coupable dans un dysfonctionnement d'équipe est une illusion. Découvrez comment passer de la posture de victime à celle d'architecte pour transformer vos dynamiques collectives.

Catherine Descamps
Catherine Descamps
18 février 20264 min de lecture

L'instinct de blâme du cerveau

Notre cerveau recherche instinctivement une causalité simple et linéaire -- une personne à blâmer. Les équipes fonctionnent pourtant comme des systèmes vivants, pas comme des machines mécaniques. Désigner un bouc émissaire crée une illusion de contrôle tout en masquant les véritables dynamiques relationnelles en jeu.

La réalité systémique : la causalité circulaire

Le principe fondamental : si ça fonctionne, c'est grâce à moi. Si ça ne fonctionne pas, c'est à cause de moi.

Cela reflète la causalité circulaire -- reconnaître que vous êtes co-responsable des dynamiques de l'équipe. Distinguez entre :

  • Les facteurs impondérables externes (crises, pannes systèmes)
  • Les dynamiques relationnelles internes (où vous conservez votre pouvoir d'action)

Chaque dysfonctionnement persistant implique le système entier dans sa perpétuation. Reconnaître votre rôle vous fait passer de victime à architecte.

De victime à architecte

Posture victime : "Je subis leur incompétence / leur mauvaise attitude / leurs retards"

Posture architecte : "Je fais partie du système qui maintient cette dynamique -- et donc partie de la solution"

Exemple classique de boucle systémique

Un manager perçoit des employés passifs, met en place un micro-management serré, les employés cessent de prendre des initiatives, le manager voit la confirmation de leur passivité, augmente encore le contrôle.

Aucune des parties n'est "en faute". C'est la relation elle-même qui est dysfonctionnelle.

Trois questions systémiques pour la régulation

1. À quel "jeu" jouons-nous collectivement ?

Identifiez le schéma relationnel : Chat et Souris, Parent et Enfant, Sauveur et Victime. Le nommer permet de le briser.

2. Quelle action répétitive de ma part ne fonctionne pas ?

Si vous faites répétitivement la même chose, vous obtiendrez le même résultat. Le changement doit commencer par vous.

3. Quel petit changement puis-je opérer en moi-même ?

Au lieu de contrôler, déléguez une décision mineure. Au lieu de longues réunions, posez une question ouverte et écoutez.

Insight clé : comme un mobile, quand vous changez votre position, le système entier doit se rééquilibrer.

Réponses aux préoccupations courantes des managers

L'incompétence n'est-elle pas de leur faute ?

L'incompétence révèle un dysfonctionnement systémique. Examinez :

  • La bonne personne a-t-elle été recrutée pour ce rôle ?
  • Les attentes sont-elles clairement définies ?
  • Une formation adéquate a-t-elle été dispensée ?
  • La personne reçoit-elle un feedback régulier et constructif ?
  • Dispose-t-elle des ressources et du soutien nécessaires ?

Si vous avez répondu "non" à l'une de ces questions, le système (dont vous êtes responsable) a échoué à créer les conditions de succès.

La co-responsabilité n'excuse-t-elle pas les mauvais comportements ?

Non. La co-responsabilité vous renforce, elle ne vous affaiblit pas. Quand vous assumez votre rôle dans la dynamique, vous gagnez le pouvoir de :

  • Poser des limites claires
  • Exiger des changements spécifiques
  • Prendre des décisions conscientes sur le personnel

Garder ou remplacer quelqu'un

Étape 1 : modifiez votre posture ; changez votre approche ; donnez un feedback clair ; attendez 4-6 semaines

Étape 2 : observez l'ajustement

  • Amélioration : vous aviez un problème systémique, pas un problème de personne
  • Pas d'amélioration : une véritable incompatibilité existe

Étape 3 : décidez consciemment (pas émotionnellement)

Souvent, 70% des "problèmes de personnes" disparaissent quand un manager modifie sa posture.

Rendre la pensée systémique concrète

Trois réflexes quotidiens :

  1. Avant de blâmer : "Qu'est-ce que je fais (ou ne fais pas) qui maintient cela ?"
  2. Avant de sanctionner : posez une question ouverte sur leur perspective
  3. Avant de décider : changez une chose en vous-même et observez les résultats

Crises externes

Vous ne contrôlez pas les perturbations externes (pandémies, pannes, fusions). En revanche, vous contrôlez votre réponse :

  • Communiquez-vous l'incertitude avec panique ou clarté ?
  • Impliquez-vous votre équipe dans les solutions ou la laissez-vous passive ?

Un manager calme crée une équipe résiliente ; un manager paniqué crée la panique.

Comportements toxiques

La pensée systémique n'est pas permissive. Quand quelqu'un affiche un comportement systématiquement toxique malgré un feedback clair et répété avec des conséquences documentées, vous avez le droit et le devoir de le remplacer. Cela devient une décision stratégique consciente, pas une fuite émotionnelle.

Impliquer votre équipe sans "psychologiser"

Présentez-le comme une force et une responsabilité, pas comme une faiblesse :

  • "Nous sommes dans un schéma répétitif. Observons-le ensemble."
  • "Je reconnais que j'ai contribué à cela. Voici ce que je change."
  • "Vous êtes co-responsables de la solution. Que proposez-vous ?"

Cela construit le respect et la responsabilité -- marques d'un leadership mature.

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Catherine Descamps

L'auteur

Catherine Descamps

Ancienne dirigeante dans la finance, Catherine accompagne depuis plus de 10 ans les dirigeants et managers dans leur transformation. Son approche, ancrée dans les neurosciences comportementales et l'approche systémique, transforme les dynamiques relationnelles pour une performance collective durable.

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