Le mythe du contrôle par l'analyse
Lorsque nous sommes anxieux, notre cerveau analytique nous apporte une réponse toute faite, soit parce qu'elle a déjà fonctionné, soit parce qu'il fait des raccourcis basés sur ce qu'il connaît ou pense connaître, influencé par certains biais cognitifs. C'était dans un autre contexte, avec d'autres protagonistes et d'autres événements. On pense souvent qu'il suffit d'analyser pour comprendre et gérer nos émotions. L'illusion est confortable, mais c'est une illusion qui nous piège.
Le cerveau analytique : un outil inadapté
Notre cerveau analytique en mode automatique n'a pas la capacité de comprendre et de gérer une émotion. Il crée un modèle théorique implicite basé sur ce qu'il connaît ou pense connaître, influencé par des biais cognitifs. En d'autres termes, il nous raconte une histoire fondée sur des expériences passées, qui peuvent d'ailleurs ne pas nous appartenir.
Le véritable rôle du cerveau émotionnel
La réponse réside dans notre cerveau émotionnel, notre système limbique. Couplé à notre mode mental conscient, représenté par le cortex préfrontal (le mode mental du questionnement), il est parfaitement équipé pour traiter nos émotions.
L'obstacle inattendu
Ironiquement, c'est souvent notre tentative de « résoudre » nos émotions qui les empêche d'être acceptées, reconnues et gérées. En analysant constamment, en cherchant des explications logiques, nous mettons des obstacles au processus qui nous mènerait à un état émotionnel plus équilibré grâce aux bonnes clés.
Embrasser l'inconfort
Un concept qui peut sembler contre-intuitif : pour surmonter l'anxiété, nous devons laisser s'exprimer nos émotions, même inconfortables. Nous ne pouvons pas contrôler nos émotions, mais nous pouvons les réguler. Plus nous apprenons à les connaître, plus nous apprenons à les accepter et à les gérer lorsqu'elles surviennent. C'est en permettant à ces émotions d'exister que nous devenons plus forts.
Le secret des personnes émotionnellement équilibrées
Les personnes qui comprennent et appliquent ce concept ont un avantage significatif. Elles ne sont pas moins émotionnelles que les autres, mais elles passent moins de temps dans des états émotionnels inconfortables. Elles ne luttent pas contre ces émotions. Elles s'écoutent, les reconnaissent, les acceptent et les gèrent.
Comment mettre cela en pratique ?
- Reconnaissez vos émotions : lorsque vous ressentez de l'anxiété ou une autre émotion inconfortable, commencez par la reconnaître et la nommer
- Acceptez l'inconfort : les émotions inconfortables font partie de l'expérience humaine. Elles ne sont ni bonnes ni mauvaises, elles sont simplement là
- Résistez à l'envie d'analyser : lorsque vous sentez que vous commencez à suranalyser, prenez une profonde respiration et ramenez votre attention au moment présent
- Faites confiance au processus : votre cerveau émotionnel sait comment traiter ces émotions. Faites confiance au processus pour que le signal d'alerte s'apaise
- Pratiquez la pleine conscience : la méditation et d'autres pratiques de pleine conscience peuvent vous aider à développer cette capacité à être présent avec vos émotions sans les juger
Conclusion
L'anxiété peut être un défi, mais en comprenant le fonctionnement de notre cerveau, nous trouvons un chemin vers un plus grand équilibre émotionnel. Une émotion, même inconfortable, n'est jamais un obstacle : c'est une opportunité de croissance. Il ne s'agit pas d'éliminer les émotions inconfortables, mais d'apprendre à les traverser avec force, en conscience et avec moins de résistance.

