Comment l’Approche Systémique inverse la tendance.
Le constat est brutal. Quand un de vos meilleurs éléments dépose sa démission, l’effet est immédiat. Il y a la surprise, souvent feinte. Puis la frustration. Puis la recherche d’une cause : « C’est un problème de génération », « Il manque d’engagement », « La concurrence a surenchéri ».
Ces explications, bien que confortables, occultent la véritable origine du problème.
Vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas.
Quand un talent s’en va, ce n’est jamais une décision impulsive. C’est l’aboutissement d’un long processus, d’une accumulation de signaux faibles devenus assourdissants. Des signaux que l’organisation a, consciemment ou non, choisi d’ignorer.
Ce départ n’est pas un problème individuel. C’est un symptôme. Le symptôme d’un système de travail qui ne nourrit plus, qui épuise, qui freine.
En tant qu’Experte du Leadership, j’observe ce schéma constamment. Les dirigeants (Persona 1) s’inquiètent de la rétention des talents tout en se sentant seuls face à la complexité. Les managers (Persona 2) sont en première ligne, gérant le désengagement et leur propre stress, coincés entre des directives descendantes et les besoins de leurs équipes.
Le problème n’est pas la personne qui part. Le problème est le système qui la laisse partir.
La bonne nouvelle : un système, cela se ré-architecture. En se focalisant sur la construction de l’avenir plutôt que sur l’analyse du passé, nous transformons l’organisation. Cet article n’est pas une lamentation sur la « perte des talents ». C’est un guide stratégique pour construire une organisation où les meilleurs veulent rester, grandir et devenir les « auteurs » de la réussite collective.
Partie 1 : Autopsie d’un départ : les 7 signaux que votre système ignore
Votre organisation est un ensemble vivant d’interactions. Les départs sont des rejets. Ils signalent une incompatibilité devenue intolérable. Avant la rupture, les signaux étaient là. Clairs. Concrets. Répétés.
Identifions-les, non pas comme des fautes individuelles, mais comme des fractures systémiques.
1. La Communication Floue : Le Brouillard Stratégique
Le symptôme : Les objectifs changent sans cesse. Les priorités d’hier ne sont plus celles d’aujourd’hui. Personne ne sait vraiment pourquoi on fait les choses.
L’impact systémique : Une communication floue crée l’incertitude. Du point de vue des Neurosciences, le cerveau humain déteste l’ambiguïté. Il dépense une énergie considérable à tenter de « deviner » ce qui est attendu, générant un stress chronique (production de cortisol). Cette énergie n’est plus disponible pour la créativité ou la performance.
2. Les Décisions Sans Concertation : La Culture du « Suiveur »
Le symptôme : Les décisions stratégiques ou opérationnelles sont prises en cercle fermé (souvent par le Dirigeant et son « cercle miroir ») et descendent verticalement. Les équipes sont mises devant le fait accompli.
L’impact systémique : Ce mode de fonctionnement envoie un message clair : « Votre avis ne compte pas. Exécutez. » Il cultive une posture de « suiveur » (celui qui subit) et tue celle d' »auteur » (celui qui contribue). L’Approche Systémique nous enseigne qu’un individu est « partie prenante » du système. L’exclure des décisions qui le concernent, c’est scier la branche de l’engagement.
3. La Surcharge Permanente : L’Epuisement comme Standard
Le symptôme : « Tout est urgent ». Les « héros » sont ceux qui restent tard, qui répondent le week-end. La surcharge n’est pas un pic, c’est la norme. Le manager lui-même est débordé.
L’impact systémique : Le système valorise l’endurance à l’épuisement plutôt que la performance durable. Neuroscientifiquement, un cerveau en surcharge chronique bascule en mode survie. Le cortex préfrontal (siège de la réflexion stratégique, de la décision et de la créativité) se déconnecte au profit de l’amygdale (réactions de stress). Vous ne payez plus vos talents pour réfléchir ; vous les payez pour réagir.
4. Les Projets Qui N’aboutissent Pas : La Quête de Sens Frustrée
Le symptôme : On lance beaucoup d’initiatives. Peu arrivent à terme. Les ressources sont réallouées, les projets « meurent » sans bilan.
L’impact systémique : L’être humain est câblé pour la complétion. Terminer une tâche, atteindre un objectif, libère de la dopamine, le neurotransmetteur de la récompense et de la motivation. Un système qui ne finit rien est un système qui prive ses membres de cette récompense chimique. Il génère de la frustration et un sentiment d’inutilité.
5. Le Climat Toxique et le Sentiment d’Injustice
Le symptôme : La politique interne prend le pas sur la performance. Les rumeurs circulent. Certains comportements sont tolérés pour les uns, sanctionnés pour les autres. L’injustice est ressentie, jamais régulée.
L’impact systémique : L’injustice est l’un des stresseurs sociaux les plus puissants. Du point de vue de l’Intelligence Émotionnelle (Neurosciences), un climat toxique maintient le cerveau en état d’alerte. Les individus se protègent. Ils cessent de collaborer, ils cessent de prendre des risques, ils se désengagent pour préserver leur santé mentale.
6. L’Absence de Perspective d’Évolution : Le Plafond de Verre
Le symptôme : Le collaborateur est excellent à son poste. Il y reste donc. Aucune discussion sur ses aspirations, son développement, sa prochaine étape.
L’impact systémique : Le cerveau est doté de Neuroplasticité : il est conçu pour apprendre, changer et créer de nouvelles connexions. La stagnation est anti-biologique. Un système qui n’offre aucune perspective d’évolution est un système qui dit à ses talents : « Votre croissance s’arrête ici ». C’est une invitation directe à aller chercher cette croissance ailleurs.
Partie 2 : Changer de Regard : L’Approche Systémique face à la Fatalité
Ces sept signaux ne sont pas une fatalité. Ils sont le résultat d’une structure, d’habitudes, d’interactions. Et c’est là que réside votre pouvoir de leader.
Le Piège du « Pourquoi »
Face à un départ, la question habituelle est : « Pourquoi est-il parti ? ». C’est une question tournée vers le passé. Elle cherche un coupable, une cause unique. Elle mène à l’analyse, souvent à la paralysie.
La philosophie que je déploie est radicalement différente. Elle se base sur la citation de Socrate : « Le secret du changement, c’est de concentrer toute notre énergie à construire l’avenir, plutôt qu’à lutter contre le passé. »
La seule question qui compte est : « Comment construire un système où les talents s’épanouissent ? ».
Le Pilier 1 : L’Approche Systémique (Le « Comment » Macro)
L’Approche Systémique (AS) change la perspective. Elle cesse de regarder les individus comme des pièces isolées pour observer leurs interactions.
L’approche analytique (classique) dit : « Ce manager est stressé. »
L’Approche Systémique demande : « Qu’est-ce qui, dans l’interaction entre ce manager, son dirigeant et son équipe, produit ce stress ? »
L’AS nous apprend que la personne n’est pas victime, elle est « partie prenante ». Elle n’est pas le problème ; elle est une partie de la solution.
Pour le Dirigeant (P1), cela signifie cesser de chercher le « maillon faible » et commencer à regarder la chaîne des interactions. Pour le Manager (P2), cela signifie comprendre que le désengagement de son équipe est aussi une réponse à sa propre posture de leader.
L’AS est orientée « objectif ». Le but n’est pas de « réparer » le passé, mais d’atteindre un état futur désiré (ex: une équipe engagée et créative). La question clé devient : « Quel est le plus petit changement que je dois initier dans mon comportement pour influencer l’ensemble du système vers cet objectif ? »
Le Pilier 2 : Les Neurosciences (Le « Comment » Micro)
Les Neurosciences et l’Intelligence Émotionnelle (IE) fournissent le mode d’emploi de l’humain au sein du système. Elles nous expliquent pourquoi les 7 signaux sont si dévastateurs.
Elles expliquent que le cerveau est une machine à prédire (il a besoin de clarté).
Elles expliquent que le lien social et le sentiment de justice sont des besoins primaires, au même titre que la nourriture (ils activent les mêmes circuits de récompense ou de douleur).
Elles expliquent que le stress chronique inhibe l’intelligence (le cortex préfrontal).
Comprendre ces mécanismes n’est pas de la psychologie « douce ». C’est une compétence de leadership « dure ». C’est utiliser la science pour réconcilier performance et humanité.
Partie 3 : Devenir « Auteur » : 4 Stratégies pour Bâtir un Système d’Engagement
Armés de ces deux piliers, nous passons de « suiveur » (subir les départs) à « auteur » (architecturer la rétention). Voici comment transformer concrètement les 7 symptômes en leviers d’action.
Stratégie 1 : Bâtir la Sécurité Psychologique (Réponse aux signaux 1, 5, 7)
La sécurité psychologique est la conviction partagée que l’équipe est un lieu sûr pour la prise de risque interpersonnelle. C’est le socle de la haute performance.
Action (NS) : Pratiquer la clarté radicale. Le leader doit définir le « pourquoi » (la vision) et le « cadre » (les règles du jeu). Le cerveau a besoin de ce cadre pour se sentir en sécurité et libérer ses ressources pour l’action. Cela répond au besoin de clarté (Signal 1) et de perspectives (Signal 7).
Action (AS) : Modéliser l’écoute et réguler l’injustice. Le leader systémique utilise « l’art du questionnement ». Il pose de vraies questions et écoute activement les réponses. Il traite tout sentiment d’injustice (Signal 5) non pas comme une plainte, mais comme une donnée cruciale sur un dysfonctionnement du système. Il le régule publiquement et rapidement.
Stratégie 2 : Transformer la Surcharge en Performance Ciblée (Réponse au signal 3)
La surcharge n’est pas un signe de dévouement. C’est un signe de désorganisation systémique.
Action (AS) : Identifier les « boucles » de surcharge. Le Dirigeant (P1) qui a du mal à déléguer crée une boucle : il surcharge ses managers (P2), qui eux-mêmes surchargent leurs équipes, qui finissent par rendre un travail de moindre qualité, ce qui « confirme » au dirigeant qu’il a bien fait de ne pas déléguer. C’est une boucle auto-renforçante. L’Approche Systémique identifie cette boucle et la brise en changeant un seul comportement (ex: le dirigeant apprend à définir un objectif clair et à lâcher prise sur le « comment »).
Action (NS) : Gérer l’énergie, non le temps. Le leader moderne comprend que la performance est un cycle de dépense et de récupération. Il protège le « deep work » (concentration intense) de ses équipes, valorise les pauses et la déconnexion. Il sait qu’un cerveau reposé est un cerveau créatif.
Stratégie 3 : Créer une Culture « d’Auteurs » (Réponse aux signaux 2, 4)
Les talents veulent avoir un impact. Ils veulent être les « auteurs » de leurs projets.
Action (AS) : Pratiquer la co-construction. (Réponse au Signal 2). Aucune décision impactant une équipe ne doit être prise sans l’avis de cette équipe. Le leader pose le problème, non la solution. « Nous devons réduire nos coûts de 10%. Quelles sont vos propositions ? ». Cela déplace la responsabilité de l’exécution (suiveur) à la conception (auteur) et génère une adhésion spectaculaire.
Action (NS) : « Nourrir » le cerveau en dopamine. (Réponse au Signal 4). Assurez-vous que les projets ont des jalons clairs et qu’ils sont célébrés. Ritualisez la complétion. Faites des bilans de projet systématiques, même pour ceux qui sont arrêtés, afin d’en extraire les apprentissages. Le cerveau qui apprend et qui est récompensé est un cerveau qui reste.
Stratégie 4 : Devenir un Catalyseur de Potentiel (Réponse au signal 6)
Votre rôle de leader n’est pas d’avoir toutes les réponses. C’est de révéler les talents de vos équipes.
Action (NS/AS) : Mettre en place le questionnement de développement. (Réponse au Signal 6). Le leader-coach cesse de dire « fais ceci ». Il demande : « Où te vois-tu dans 1 an ? », « Quelle compétence te manque pour y arriver ? », « Comment puis-je t’aider à l’acquérir ? ». Il utilise la Neuroplasticité (capacité d’apprendre) comme un outil stratégique. Il ne voit pas la personne pour ce qu’elle est, il la voit pour ce qu’elle devient.
Conclusion : Votre Prochaine Étape
L’hémorragie des talents n’est pas une fatalité. C’est un feedback. Un feedback précieux que votre système vous envoie.
Aux Dirigeants (P1) qui ressentent la solitude : Votre organisation est le reflet de vos interactions. En changeant votre posture, en brisant « l’effet miroir » et en appliquant une vision systémique, vous cessez de subir la complexité et vous commencez à la piloter.
Aux Managers (P2) qui gèrent le désengagement : Votre transition d’expert à leader passe par la maîtrise de ces outils humains. Votre Intelligence Émotionnelle est la clé pour désamorcer le stress de vos équipes et catalyser leur engagement.
Cesser de lutter contre le passé. Commencer à construire l’avenir.
Mon accompagnement consiste précisément en cela.
J’accompagne les dirigeants à devenir des leaders inspirants et impactants en réconciliant performance et humanité. Grâce à une approche unique alliant neurosciences et vision systémique, nous libérons votre plein potentiel et révélons les talents de vos équipes pour catalyser un engagement, une créativité et une réussite collective.
C’est une transformation profonde. Elle demande du courage et une méthode rigoureuse.
Ne restez pas seul avec ces défis.
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